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Note2be en Allemagne

Jeudi 7 février 2008

Voici un article venu du site Rue89. On y découvre que note2be s’inspire directement du site allemand spickmich.de QUI N’A PAS ETE SUPPRIME en Allemagne (critères débiles et notes nominatives…) et dont l’expérience inspire fortement note2be :

« Les jeunes Allemands notent leurs profs sur le Net
(De Berlin) Fini le temps où seuls les enseignants avaient l’insigne privilège de noter leurs élèves. Désormais, en Allemagne, les élèves peuvent eux aussi noter leurs enseignants.

Avancée démocratique dans une République fédérale si soucieuse de transparence et d’égalité? Non, ont dit beaucoup d’enseignants, qui se sont opposés avec véhémence au site Spickmich qui propose cette infernale machine à voter. Ce n’est pas par blessure d’amour propre ou par crainte d’être évalués que ces farouches professeurs ont rejeté cette entreprise mais plutôt par peur de voir le résultat de ces évaluations accessible aux millions d’internautes curieux.

Et en effet, plus de 200000 jeunes usagers se sont d’ores et déjà enregistrés auprès du site iconoclaste, qui n’a que six mois d’existence. Ils y ont noté et classé sur des grilles de cotation quelques 150000 enseignants. Tant et si bien que des profs mécontents sont allés demander à un juge de Cologne de limiter la marge de manœuvre des quatre audacieux fondateurs. « Les opinions de nos élèves rendues publiques sans notre consentement via internet portent atteinte à notre sphère privée », ont-ils, vainement, plaidé car, au nom de la liberté d’expression, le tribunal ne les a pas suivis.

Cette décision favorable de la justice permet au site de continuer à proposer aux scolaires qui le veulent de noter et classer leurs enseignants –dont ils ne donnent que le nom, la matière enseignée et l’établissement- selon neuf critères à pondérer de 1 (très bon) à 6 (très mauvais): branché/drôle, aimé, motivé, humain, relax, intéressant, facile pour l’examen, équitable dans la notation et… sexy. Une note totale permet ensuite de classer chacun des élus dans un palmarès.

Pour Heinz-Peter Meidinger, le président de l’association allemande des enseignants, ces critères d’évaluation formulés de cette manière ne signifient pas grand-chose. « Qu’un examen soit rendu facile ou non par un examinateur n’est pas un critère puisque c’est le curriculum de l’élève qui doit être apprécié », insiste-t-il pour souligner qu’il n’accorde que peu d’importance à ce système d’évaluation promu par les initiateurs du site.

Mais pour Wolfgang Hagemann, un psychothérapeute spécialiste du stress chez les enseignants et qui exerce dans un collège près d’Aix-la-Chapelle, le site présente un danger pour les enseignants car « il y a un manque de dialogue » et ceux-ci n’ont plus aucune protection face aux critiques que leurs élèves postent sur internet.

Ce problème a obligé Barbara Sommer, la ministre de l’Education du Land de Rhénanie-Nord-Westphalie, où le site est le mieux implanté, à déclarer publiquement que les résultats de ce site d’évaluation n’ont aucun impact sur l’évolution des carrières des enseignants. Elle a aussi prévenu que tout mobbing (discrédit) d’un enseignant serait poursuivi en justice.

Du côté des quatre étudiants créateurs de spickmich (idiomatisme intraduisible qui renvoie à la tricherie), c’est l’euphorie à la vue du succès croissant rencontré par leur site. Auto-financé, sans revenus publicitaires et d’accès gratuit, ils défendent leur création en soulignant que « c’est la première fois qu’une possibilité est offerte aux élèves de montrer aux enseignants ce qu’ils pensent de leurs prestations en cours ».

Mais ce vertueux optimisme n’est pas à l’abri des manipulations puisque, récemment, un enseignant de Hannovre, cultivant l’art du faux nez, s’est fait passer pour un collégien et a forcé les notes qu’il a attribuées à ses collègues enseignants. Au bout de quelques jours, sept d’entre eux se sont retrouvés parmi les dix premiers du palmarès des « meilleurs profs d’Allemagne ».