Réponses à des élèves, parents et professeurs

6 février 2008

Des élèves, des parents, des professeurs nous demandent fréquemment pourquoi nous refusons d’être notés par note2be.

Nous refusons d’être notés par note2be, car la méthode choisie pour prétendre à l’évaluation des professeurs est fantaisiste, et dénuée de toute pertinence.

Nous refusons d’être notés par note2be, car nous savons, en tant que professeurs, qu’il n’y a pas pire fléau que l’injustice, et tout sur le site note2be.com est fait pour la favoriser (anonymat des élèves, lynchage des profs, notes sans justifications).

Nous refusons d’être notés par note2be car en lisant les propos de « Lalotte », de « AFL » ou des différents modérateurs de note2be, nous voyons bien qu’il n’y a derrière tout cela qu’une vaste entreprise démagogique pour faire parler de soi au détriment des professeurs, et pour gagner quelques sous au détriment des professeurs.

Enfin, nous refusons d’être notés sur note2be car ce site ne nous semble pas en accord avec la préservation nécessaire des bonnes relations entre l’élève et ses professeurs. Il ne peut au contraire contribuer qu’à dégrader ces relations.

Pour toutes ces raisons, nous refusons d’être notés par note2be, et nous ne voulons pas cautionner les démarches égoïstes d’un site construit sans scrupule.

PS : Chaque professeur qui vient ici est susceptible de confirmer, développer, nuancer ces raisons.

Réactions syndicales

6 février 2008

Les syndicats de professeurs ont réagi massivement aux différents appels que nous leur avons lancés (« nous » désigne ici tous les professeurs et tous les sympathisants qui ont participé et participent encore à la lutte contre note2be).

 

I/ Le SNALC

 Vous pourrez lire sur notre site la déclaration complète du Snalc (cf. article plus bas intitulé « Actions ! »)

Cette déclaration a été mise en ligne hier matin mardi 05 janvier à l’adresse :

http://www.snalc.fr/publi_documents2.tpl?sku1=34112079641237112 ).

 

II/La FSU

La FSU a réagi avec promptitude. Sa déclaration, mise en ligne aujourd’hui même (mercredi 06 février 2008), est disponible à l’adresse suivante : http://actu.fsu.fr/ 

 

On regrettera au passage que le site liberation.fr ne donne de ces déclarations que des résumés fort sommaires, que nous vous livrons malgré tout (http://www.liberation.fr/actualite/societe/308482.FR.php) :

« Mais la FSU a exprimé mercredi sa «très forte réprobation devant ce qui, peu ou prou, ressemble à un lynchage public des personnels». Elle demande au ministre de l’Education Xavier Darcos de «prendre les mesures pour protéger les personnels». Regrettant que le site «privilégie la dénonciation publique sur l’évaluation formative pratiquée par les enseignants», la fédération a signalé que «plusieurs collègues» s’étaient déjà plaints auprès d’elle d’«appréciations les concernant et de n’avoir pu obtenir qu’elles soient supprimées».

De son côté, le Snalc-CSEN a affirmé avoir saisi la commission nationale informatique et libertés (Cnil) mercredi pour vérifier les références du site mais aussi «si les fichiers qu’il contenait étaient déclarés», ainsi que «la durée de conservation des données», et apprécier si un site ne s’appuyant pas sur une loi avait «une légitimité». En attendant, le Snalc-CSEN recommande aux enseignants déjà cités sur le site de «faire valoir leur droit de suppression». »

 

III/ SE-UNSA

Le syndicat SE-UNSA nous a également fait part de sa vive indignation face au site note2be. Voici le message officiel de SE-UNSA :

« Note2be » : une insupportable délation

Le SE-UNSA s’indigne de la sinistre opération à laquelle se livre le site web « Note2be » proposant une notation des professeurs par les élèves et leurs parents.

L’établissement d’un pseudo-rapport d’égalité entre élèves et enseignants via un site public accessible à tous couvre mal une escroquerie choquante.

L’affirmation de critères objectifs de notation, auxquels les notateurs ne sont évidemment pas soumis, laisse libre cours à tous les règlements de compte.

La délation publique à visage caché et à portée de tous : certains en rêvaient, « Note2be » l’a fait !

Le camouflage sous de pseudo-objectifs éducatifs renforce son caractère insupportable.

Le SE-UNSA saisit le ministère de l’Education nationale pour qu’il prenne toutes les mesures protégeant ses fonctionnaires.

Il étudiera, en liaison avec la F.A.S. (Fédération des Autonomes de Solidarité Laïques), les suites juridiques éventuelles qui pourraient s’imposer.

IV/ Sud 02

Le message suivant nous est également parvenu très rapidement : « Sud Education 02 s’engage dans la lutte également et vient de prendre contact auprès des inspections académiques, rectorat, ministère de l’E.N. et médias. »

V/ Force Ouvrière Lycées et Collèges (SN-FO-LC)

Notation des professeurs par les élèves :

Le ministère doit faire cesser la campagne médiatique et protéger les collègues

Un site internet bénéficiant d’une large audience dans la jeunesse a mis en place un système de notation des professeurs par leurs élèves.
De façon très explicite de leur point de vue, les responsables du site titrent la page d’un « Prends le pouvoir, note tes profs ! ». Il s’agit bien d’ « évaluer les professeurs sur leur capacité à faire progresser les élèves ».

Jeudi 7 février au soir, un journal télévisé de très grande écoute proposait un reportage tout à fait bienveillant sur un collège privé de Lyon qui a institué le choix des professeurs par leurs élèves, les classes étant ainsi recomposées toutes les trois semaines !

Le SN-FO-LC s’indigne de ce qui commence à ressembler à une campagne médiatique orchestrée.
Au moment où le rapport Pochard et le rapport Attali sont rejetés par les personnels et leurs organisations syndicales, s’agit-il d’exercer une pression pour remettre en cause les garanties statutaires et l’indépendance des enseignants ?

Le SN-FO-LC rappelle que les enseignants font l’objet d’une double notation : une note pédagogique attribuée par leur inspecteur et une note administrative fixée par le chef d’établissement. Cette note joue un rôle important dans leur rémunération et leur déroulement de carrière.
La notation par les élèves ne serait pas simplement une mesure démagogique, elle aurait pour conséquence d’engager un processus de tensions et des conflits aux conséquences dislocatrices parfaitement incontrôlables.

Le SN-FO-LC demande au ministre de faire respecter le statut et de faire cesser immédiatement des initiatives qui ne peuvent en outre que porter gravement atteinte à la réputation de collègues.
Il demande au ministre d’intervenir pour que soit protégé l’anonymat des collègues et de porter plainte contre toute atteinte à leur réputation.

Le SN-FO-LC rappelle que des mesures d’urgence doivent être prises concernant la prochaine rentrée, à commencer par l’annulation des 8 800 suppressions de postes prévues qui ne pourraient qu’aggraver dangereusement des conditions de travail souvent très difficiles pour les enseignants et leurs élèves.

Montreuil, le 8 février 2008

VI/ Le SIES

 Le SIES propose une mesure intéressante, qui est le boycott des marques et produits présentés dans les publicités de note2be.com. Vous pouvez prendre connaissance de leur position précise grâce au lien ci-dessous :  

 http://www.sies.fr/courriers_publications/communiques/note2be_sies_procedure.pdf

 

La lutte s’organise, et nous y aurons tous contribué.

Hasta siempre !

 Montag.

Note2be perd les pédales

6 février 2008

Au Tour de France des sites internet, Note2be serait vraiment en queue de peloton.

 Ainsi a-t-on vu disparaître de leurs fichiers de notation les professeurs Pierre Grimal, Jean-Paul Brighelli, Alain Viala et Philippe Meirieu, tous enseignants du secondaire ou du supérieur.

A plusieurs reprises, note2be a effacé les noms de véritables professeurs, sans aucune justification, croyant certainement qu’il s’agisait là d’affabulations alors que les noms des professeurs étaient véritables.

Voilà qui en dit long.

Note2be n’est pas un canular !

6 février 2008

Attention, Note2be.com n’est en rien un canular.

 Malgré le grotesque des justifications qu’ils allèguent pour étayer leur projet démagogique, Note2be.com n’a rien d’un site comique.

 Bien au contraire, ce ne sont que l’obstination et la révolte d’une cinquantaine de professeurs (et nous sommes toujours plus nombreux, malgré les bannissements dont nous sommes l’objet), qui rendent ce site comique au premier abord.

 En réalité, il n’en est rien ! Les créateurs de ce site ont investi de l’argent pour sa création ! Les créateurs sont insensibles à tous les rappels éthiques des professeurs, à toutes les injonctions juridiques que leur ont faites syndicats et professeurs, et surtout (le plus grave certainement) à tout sens de l’humour de la part de ceux dont ils risquent de provoquer la ruine.

 Ne vous méprenez donc pas, et ne sous-estimez pas le pouvoir de nuisance d’un tel site.

 Hasta siempre !

 Montag.

Actions !

5 février 2008

 Les syndicats de l’éducation nationale réagissent vivement à la création du site note2be.com.

 Voici la première réaction qui soit parvenue à notre connaissace. Il s’agit de la déclaration en ligne qui est faite par le SNALC au sujet de ce site :

Plus fort que Pochard : les élèves notent le « flexi-prof »

 

Le SNALC-CSEN, second syndicat le plus représenté chez les professeurs du secondaire, a saisi ce jour
la Commission Nationale Informatique et Libertés à propos du site note2be.com, sur lequel les élèves sont conviés à noter leurs professeurs et dont la devise est « Prends le pouvoir, note tes profs ».
Le SNALC-CSEN a demandé à
la CNIL si le site était référencé, si les fichiers qu’il contenait étaient déclarés et quelle était la durée de conservation des données.
Le SNALC-CSEN se demande en particulier si au nom du principe de finalité, ce site qui s’appuie sur un rapport (Attali) qui n’a pas valeur de Loi, a une réelle légitimité.
Dans l’attente, le SNALC-CSEN demande à chaque professeur d’écrire sur note2be.com au directeur de publication, et de l’enjoindre d’être extrêmement attentif à ce que son nom n’apparaisse en aucune façon sur le site, ni sur un quelconque fichier informatique en sa possession.
Pour les professeurs déjà cités, le SNALC-CSEN leur demande d’effectuer la même démarche et de faire valoir leur Droit de suppression. Si ceux-ci n’obtenaient pas le retrait de leur nom du fichier, le SNALC-CSEN leur apportera son aide et les éclairera sur les démarches à effectuer pour porter plainte auprès de
la CNIL.
Le SNALC-CSEN demande au ministre de l’Education nationale de se prononcer sur les méthodes de note2be.com, qui sous couvert « d’amélioration de la relation élève / professeur » et de références anglo-saxonnes,  conduisent tout droit l’Ecole de
la République dans les méandres de la démagogie et du libéralisme les plus sauvages.
                                                                                                      Paris, le 5 février 2008  

Provocation !

5 février 2008

 On peut lire le message suivant sur le forum de note2be.com, rédigé par le « modérateur » du site (nous mettrons à l’avenir le mot « modérateur » entre guillemets, étant donné la façon partiale dont l’intéressé remplit son rôle) :

« Par note2be, Mardi 5 Février 2008, 22:44

Certains profs se sont emparés de ce forum. Ils ont manifestement du temps. Ils en ont fait une tribune anti note2be. Nous avons tous compris qu’il ne servait à rien d’essayer de les convaincre… Pour autant, nous sommes particulièrement heureux des chiffres de fréquentation qui ne cessent de monter. Nous sommes par ailleurs convaincu qu’une fois passée la période de découverte, manifestement difficile pour certain, ce site trouvera toute sa place et son utilité dans la réflexion sur l’école, comme ce fut le cas avant lui, de tous ses grands frères étrangers. Merci de votre aide ! »

Outre les fautes d’orthographe ridicules qui émaillent ce message, on y voit donc la stratégie pitoyable suivie par MM. L***, C*** et R** B** : utiliser le nombre de profs venus pour saccager leur site afin de faire croire que leur opération démagogique plaît.

On attend impatiemment la visite de la Cnil.

Qu’on nous laisse nous exprimer !

5 février 2008

 M. C*** (si c’est bien lui) nous a tous exclus de son site.

Voilà ce que l’on trouve si l’on veut inscrire un nouveau professeur :

Warning: include(html/popup/alert.connect.tpl.html) [function.include]: failed to open stream: No such file or directory in /home/ovh/www/prod/_signin.html on line 196

Warning: include() [function.include]: Failed opening ‘html/popup/alert.connect.tpl.html’ for inclusion (include_path=’.:/usr/share/php5′) in /home/ovh/www/prod/_signin.html on line 196

Outre que cela montre les problèmes informatiques que peut rencontrer le site (il en a déjà rencontré d’autres durant ses quelques jours d’existence), cela indique également à quel point la liberté d’expression est chérie sur ce site.

 La résistance s’organise !

Sachez-le, et faites-le savoir autour de vous.

Un échange intéressant.

5 février 2008

Voici ce que l’on peut lire actuellement sur le site note2be.com.

 1) Par fdl592, Mardi 5 Février 2008, 01:05

Les noms et adresses sont donc corrects quand on cherche sur whois ?

Nous avons bien affaire à

person: stephane c***

nic-hdl: SC3***-GA***

address: 13-15, rue L***

address: 7500*

address: Paris

address: France

phone: +33.68693****

e-mail: ***@villes-images.com

 

Je pose la question car j’ai un problème : Monsieur C*** déclare une autre adresse pour l’autre nom de domaine dont il est le propriétaire ; il y aurait une fausse déclaration dans l’air ou vous allez mettre les données à jour rapidement ?

villes-images.com

Owner Name: Stephane C***

Owner Street1: 12 av d’***

Owner City: paris

Owner Postal Code: 75***

Owner Country: FRANCE

Owner Phone: +33.68593****

Owner Email: ***@ifrance.com

Par respect pour les personnes mentionnées, nous ne prendrons pas parti, et nous nous engageons à supprimer les données ci-dessus si elles se manifestent.

 Précision : ces données, pourtant entièrement PUBLIQUES, ont été effacées du forum de MM. C*** et L***. Leur caractère étant entièrement PUBLIC, on ne peut que s’interroger sur leur disparition subreptice.

Une réponse !

4 février 2008

MM. C***, L***et consorts ont fini par répondre à l’utilisatrice de leur site. On comprend qu’ils aient hésité longtemps avant de faire leur réponse.

 Rappel des faits : une utilisatrice évoque la Loi informatique et liberté :

M. C***,

je vous ai écrit 2 mails pour faire valoir mon droit à ce que ni mon
nom ni mon établissement n’apparaissent sur votre site, droit que la
CNIL m’a confirmé que je possédais, car selon eux il s’agit bien de
données privées. J’attends toujours que vous ayez l’obligeance de me
confirmer que vous veilleriez à ce que cela ne soit pas le cas. Votre
absence de réponse, pour moi, est du mépris.

Je me permets de vous rappeler l’article 38 de la loi informatique et
liberté du 6 janvier 1978, concernant le droit d’opposition :
 » – Toute personne a la possibilité de s’opposer, pour des motifs légitimes, à figurer dans un fichier.
- Toute personne peut refuser, sans avoir à se justifier, que les
données qui la concernent soient utilisées à des fins de prospection,
en particulier commerciale.
- En principe, toute personne peut décider elle-même de l’utilisation
de données la concernant. En ce sens, elle peut refuser d’apparaître
dans certains fichiers ou de voir communiquer des informations sur
elles à des tiers. »

J’entends donc fermement exercer mon droit d’opposition à figurer dans
votre « fichier », et au cas où il y apparaîtrait, comptez sur moi pour
faire valoir mes droits devant un tribunal.

 

Voilà ce que répond le site note2be, Lundi 4 Février 2008, 23:46 :

Il faut croire que cette question tourne à l’obsession chez vous. Pour demander à être effacée du site, encore faut-il y être… Si un jour l’un de vos élèves décidait de vous noter, n’hésitez à revenir vers nous. Dans l’attente, nous vous souhaitons une bonne nuit !

Nestor Burma disait : « Par charité chrétienne, je ne ferai aucun commentaire ».

 Il en faut un cependant : L’utilisatrice a demandé à NE PAS figurer dans ces fichiers. Le modérateur lui a répondu : « Vous y figurerez si quelqu’un vous y inscrit à votre insu, et si ensuite vous venez réclamer, nous vous en effacerons. »

On attend impatiemment le commentaire de la CNIL.

Vos droits

4 février 2008

Voici la déclaration d’une utilisatrice du site note2be.com, envoyée à M. C***, responsable (presse ?) du site note2be.com :

  »M. C***,

je vous ai écrit 2 mails pour faire valoir mon droit à ce que ni mon nom ni mon établissement n’apparaissent sur votre site, droit que la CNIL m’a confirmé que je possédais, car selon eux il s’agit bien de données privées. J’attends toujours que vous ayez l’obligeance de me confirmer que vous veilleriez à ce que cela ne soit pas le cas. Votre absence de réponse, pour moi, est du mépris.

Je me permets de vous rappeler l’article 38 de la loi informatique et liberté du 6 janvier 1978, concernant le droit d’opposition :
 » – Toute personne a la possibilité de s’opposer, pour des motifs légitimes, à figurer dans un fichier.
- Toute personne peut refuser, sans avoir à se justifier, que les données qui la concernent soient utilisées à des fins de prospection, en particulier commerciale.
- En principe, toute personne peut décider elle-même de l’utilisation de données la concernant. En ce sens, elle peut refuser d’apparaître dans certains fichiers ou de voir communiquer des informations sur elles à des tiers. »

J’entends donc fermement exercer mon droit d’opposition à figurer dans votre « fichier », et au cas où il y apparaîtrait, comptez sur moi pour faire valoir mes droits devant un tribunal. »

 

Cette déclaration est instructive à plus d’un titre :

1) Elle vous donne la marche à suivre pour empêcher que votre nom ne figure sur ce site

2) Elle montre comment vos droits sont traités par MM. C*** et L***

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